Rémunération de l'auteur

Lundi 20 octobre 2008
Les yeux sont moins purs que les seins ;
Plus que les bras les dents sont blanches
Mais quelles chairs sinon les hanches
Sont lascives sur les coussins
 
Le réseau de leurs bleus dessins
Striés en veines de pervenches
Contient leur chaleur que tu penches
Provocante des chers desseins.
 
Mais elles sont, ô douce amie,
Les valves d’une huître endormie
Où des perles rares se font
 
Et mon pâle amour lorsqu’il entre
Cristallise peut-être au fond
En colliers autour de ton ventre.
 


10 janvier 91.
Par Dolmancé
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Vendredi 17 octobre 2008
Viens, blanche sur le divan rouge, viens baiser.
Tes pieds se crispent à la sanglante peluche
Ta vulve d’ambre sera la petite ruche
Où le miel de ma mentule ira s’épuiser
 
Tu cambres les reins ! Cochonne ! Ah ! tu tends le ventre !
Tu veux la douleur profonde et l’humidité
Brûlante du lent coït qui n’a pas juté
Mais qui remonte et s’enfonce, qui sort et rentre.
 
Me voici donc. Le divan sourd criera sous nous
Étreins mes reins dans l’étau fort de tes genoux
Accueille en toi mon pénis libidineux, chère,
 
Et ce sera quelque étreinte à devenir fou
Et ma pine en rut brûlant comme une torchère
Grossira tant que fendre les bords du trou.
 
 


20 février 91.


Par Dolmancé
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Mercredi 15 octobre 2008

Les yeux sont moins purs que les seins ;
Plus que les bras les dents sont blanches
Mais quelles chairs sinon les hanches
Sont lascives sur les coussins
 
Le réseau de leurs bleus dessins
Striés en veines de pervenches
Contient leur chaleur que tu penches
Provocante des chers desseins.
 
Mais elles sont, ô douce amie,
Les valves d’une huître endormie
Où des perles rares se font
 
Et mon pâle amour lorsqu’il entre
Cristallise peut-être au fond
En colliers autour de ton ventre.
 


10 janvier 91.
corr. le 2 mars

Par Dolmancé
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Dimanche 12 octobre 2008
Puisque tes yeux veulent mourir
Comme des reflets d’obsidienne
Quand tu sens mes ongles courir
Sur ta rougeur clitoridienne ;
 
Puisqu’au furtif chatouillement
Autour des mamelles dorées
Tu jouis douloureusement
Avec des plaintes effarées
 
Permets que j’aie aussi mon lot
Du rut lascif que ton goulot
Perdrait en vain sur les draps tièdes
 
Et que ma verge peu à peu
Moule ardemment la chair de feu
Du vagin sur ses formes raidies.



16 mars 91.

Par Dolmancé
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Vendredi 10 octobre 2008
Acrostiche saphique



D ans le lit maculé de foutre et de salive
E ve nue en chaleur et le ventre écumant
U nit sa belle bouche au con de son amant
X avière aux poils crépus sur une chair olive
 
G randes, plongeant la tête au gouffre des genoux,
O qu’elles font un couple atroce de femelles
U n couple oroventral bandant jusqu’aux mamelles
G avé de foutre clair et plein d’horreur pour nous
 
N ous les aimons pourtant, les gougnottes chéries
O uvrant leurs bouches d’ombre et leurs vulves fleuries
T rous d’amour destinés à nos membres virils
 
T out leur être nous a des grâces embrouillées
E t nous aimons, avec des gestes puérils,
S entir l’odeur des cons sur leurs bouches mouillées.




Écrit en chemin de fer de Bayreuth à Eisenach,
13 août 1891

Par Dolmancé
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Mardi 7 octobre 2008

Elévation



Dans le mystique amour de ta vulve,
Je deviens grave et religieux.
Mon front se courbe et mes doigts s’unissent
Dans le mystique amour de tes yeux.
 
Ta vulve est là, dans sa chair de bronze,
Jetant des feux dans l’ombre du soir :
Ors byzantins gemmés d’escarboucles.
Ta vulve est là, comme un ostensoir.
 
Tes yeux sont là, qui m’ont rendu lâche.
Astres d’amour et d’impureté,
Lueurs des nuits chaudes et bleuâtres,
Tes yeux sont là comme un ciel d’été.
 
Et je me dis, voyant sous un nimbe
Ta vulve d’or monter vers les yeux…
Je ne sais rien du prêtre invisible,
Mais je me dis : Ce sont les vrais dieux !





22 mars 1890


Par Dolmancé
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Samedi 4 octobre 2008
Prière



Ô Sainte aimée, Ô ma patronne, Ô ma maîtresse,
Étoile de la mer, Étoile du matin,
Sois adorée encore, ainsi qu’au jour lointain
Où ta Vulve reçut ma première caresse.
 
En te voyant si blanche un soir que tu dormais
J’ai senti qu’envers toi l’amour est une insulte
Je n’ose plus t’aimer, je veux te rendre un culte
Et chanter mes baisers sans les clore jamais.
 
Sur l’autel du Lit, ouvre donc tes lèvres peintes
Et je brûlerai l’encens qu’on brûle aux Saintes
Ô Pure, ô Vicieuse, et tandis que tu dors
 
Laissant mes cheveux chauds errer sur ta peau
J’irai m’accroupir nue à l’ombre de ton corps
Comme une Byzantine aux pieds d’une sainte icône.


Par Dolmancé
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Jeudi 2 octobre 2008
Couturière


Sous la planche de fer ses jambes semblent moudre,
Elles se croisent, vont, viennent, en haut, en bas,
Et scandent pied à pied, d'un geste faible et las,
Le mouvement rythmé de la machine à coudre.

Mais les cuisses à nu se frôlent ardemment.
Le clitoris s'éveille et s'excite et raidit.
C'est encore le désir de baiser qui grandit,
La rage d'être jeune et chaude et sans amant.

O joie ! au frottement la vulve s'exaspère;
La masturbation clandestine s'opère;
Dans l'atelier causeur personne n'en sait rien.
Et l'étau convulsif des cuisses opprimées
Fait jaillir au hasard dans les jupes fermées
La pâle écoulement du flot vénérien.



(1890)


Par Dolmancé
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Mardi 30 septembre 2008
Le lever



Hors du lit ! sans pitié des pauvres endormies
Sans pitié des yeux las, des mains ouvertes, des
Petits ventres béants sur les draps inondés
Seul vestige attestant la lutte des amies.


En chemise et les cheveux dénoués, assises
Au bord du matelas, les pieds ballants et nus,
Elles ont pour les soeurs des gestes convenus
Mais l’une pour l’autre des poses indécises


Car ils gardent l’éclair des ivresses nocturnes
Ces yeux d’enfants, entre ces femmes taciturnes
Et les bras sont encor marqués d’avoir étreint


Et la courbe à genoux pour chanter la prière
Divulgue le stigmate indélébile empreint
Par un baiser rougi sur la peau du derrière.



Par Dolmancé
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Samedi 27 septembre 2008
Fellatrices



Les cheveux ont pleuré sur les mamelles tristes
Mais les ventres ont ri silencieusement
Profonds et grands ouverts sans un tressaillement
Comme des fourreaux noirs constellés d’améthystes.
 

Les bouches ont pleuré sur la douleur des seins
Mais les longs yeux ont ri d’un mystérieux rire
Et les bouches en pleurs guérirent leur martyre
Au rire chaud des ventres sur les grands coussins.


Or, quand les ventres sur les bouches brûlantes
Eurent pleuré le flot sanglant des larmes lentes
On sécha leur tristesse au deuil des lourds cheveux.


Mais les bouches riaient dans les larmes aimées
Et baisaient l’une l’autre avec de lents aveux
La saveur de la chair sur leurs lèvres charmées.


  1891
Par Dolmancé
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