Publicité

Vendredi 4 avril 2008
Le luth


Pour le doux ebast que je puisse choisir,
Souvent, après disner, craignant qu'il ne m'ennuye,
Je prends le manche en main, je le taste et manie,
Tant qu'il soit en estat de me donner plaisir.

Sur mon lict je me jette, et, sans m'en dessaisir,
Je l'estrains de mes bras et sur moy je l'apuye,
Et, remuant bien fort, d'aise toute ravie,
Entre mille douceurs j'accomplis mon désir.

S'il avient, par malheur quelquefois qu'il se lasche,
De la main je le dresse, et, derechef, je tasche
Au jouir du plaisir d'un si doux maniment :

Ainsi, mon bien aymé, tant que le nerf luy tire,
Me contemple et me plaist, puis de luy, doucement,
Lasse et non assouvie en fin je me retire.
Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 2 avril 2008
Ma foi ! je fus bien de la fête
Quand je fis chez vous ce repas.
Je trouvai la poudre à la tête
Et puis le poivre un peu plus bas.


Vous me montriez un dieu propice
Portant un arc et un brandon.
Appelez-vous la chaude-pisse
Une flèche de Cupidon ?


Mon sexe relève et se hausse,
Bavant d'une étrange façon,
Belle, vous fournîtes la sauce,
Lors que je fournis le poisson.


Las ! si alors j'eus l'arrogance,
De fouiller trop les lieux sacrés,
Qu'on me pardonne mon offense,
Car j'en pleure avec mes péchés.




1609
Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 29 mars 2008
Femmes qui aimez mieux le foutre que le pain,

Qui prenez en foutant un plaisir souverain,

Qui faites de vos cons une source féconde,

Qui crevez de dépit quand on ne vous fout point,

Et vous direz que c'est le paradis du monde.
 
Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 26 mars 2008

 

Infâme bâtard de Cythère,
Fils ingrat d'une ingrate mère,
Avorton, traître, et déguisé,
Si je t'ai suivi dès l'enfance,
De quelle ingrate récompense
As-tu mon service abusé ?

Mon cas
(1), fier de mainte conquête,
En Espagnol portait la tête,
Triomphant, superbe, et vainqueur,
Que nul effort n'eut sut rabattre :
Maintenant, lâche et sans combattre,
Fait la cane et n'a plus de coeur.

De tes autels une Prétresse
L'a réduit en telle détresse,
Le voyant au choc obstiné,
Qu'entouré d'onguent et de linge,
Il m'est avis de voir un singe,
Comme un enfant embéguiné
(2).

Sa façon robuste et raillarde,
Pend l'oreille, et n'est plus gaillarde ;
Son teint vermeil n'a point d'éclat ;
De pleurs il se noie la face,
Et fait aussi laide grimace
Qu'un boudin crevé dans un plat.

Aussi penaud qu'un chat qu'on châtre,
Il demeure dans son emplâtre,
Comme en sa coque un limaçon ;
En vain d'arrasser il essaye :
Encordé comme une lamproye
(3)
Il obéit au caveçon
(4).

Une salive mordicante
(5),
De sa narine distillante
L'ulcère si fort par dedans
Que, crachant l'humeur qui le pique,
Il bave comme un pulmonique,
Qui tient la mort entre ses dents.

Ha ! Que cette humeur languissante
Du temps jadis est différente,
Quand, brave, courageux, et chaud,
Tout passait au fil de sa rage,
N'étant si jeune pucelage
Qu'il n'enfila de prime assaut !

Apollon, dès mon âge tendre,
Poussé du courage d'apprendre,
Auprès du ruisseau Parnassin
Si je t'invoquais pour Poète,
Ores, en ma douleur secrète,
Je t'invoque pour médecin.

Sévère Roi des destinées,
Mesureur des vites années,
Coeur du monde, oeil du firmament,
Toi qui préside à la vie,
Guéris mon cas
(1), je te supplie,
Et le conduis à sauvement !

Pour récompense, dans mon Temple,
Servant de mémorable exemple
Aux joueurs qui viendront après,
J'appendrai
(6) la même figure
De mon cas, malade en peinture,
Ombragé d'ache et de cyprés.


 

(1) pénis
(2) coiffé, par ext. ici : enmailloté
(3) Lamproye cordée : anguille qui, à une certaine saison, devient dure et n'est plus bonne à manger
(4) il rabât ses prétentions
(5) qui exerce une sorte de morsure par son âcreté
(6) suspendre

 

Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 24 mars 2008




Rosette, pour un peu d'absence
Votre cœur vous avez changé ;
Et moi, sachant cette inconstance,
Le mien autre part j'ai rangé.
Jamais plus beauté si légère
Sur moi tant de pouvoir n'aura.
Nous verrons, volage bergère,
Qui premier s'en repentira.

Tandis qu'en pleurs je me consume,
Maudissant cet éloignement,
Vous, qui n'aimez que par coutume,
Caressiez un nouvel amant
Jamais légère girouette
Au vent sitôt ne se vira
Nous verrons, bergère Rosette,
Qui premier s'en repentira.

Où sont tant de promesses saintes,
Tant de pleurs versés en partant ?
Est-il vrai que ces tristes plaintes
Sortissent d'un cœur inconstant ?
Dieux, que vous êtes mensongère,
Maudit soit qui plus vous croira
Nous verrons, volage bergère,
Qui premier s'en repentira.

Celui qui a gagné ma place
Ne peut vous aimer tant que moi,
Et celle que j'aime vous passe
De beauté, d'amour et de foi.
Gardez bien votre amitié neuve ;
La mienne plus ne variera :
Et puis nous verrons à l'épreuve
Qui premier s'en repentira.

 

in Choix de Chansons Galantes d'Autrefois, Paul Marion - 1911

Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Samedi 22 mars 2008
O doux plaisir plein de doux pensement,
Quand la douceur de la douce mêlée,
Etreint et joint, l'âme en l'âme mêlée,
Le corps au corps accouplé doucement.


O douce mort ! ô doux trépassement !
Mon âme alors de grand'joie troublée,
De moi dans toi s'écoulant à l'emblée*,
Puis haut, puis bas, acquiert son ravissement.


Quand nous ardents, Méline, d'amour forte,
Moi d'être en toi, toi d'en toi tout me prendre,
Par cette part, qui dans toi entre plus,


Tu la reçois, moi restant masse morte :
Puis vient ta bouche en ma bouche la rendre,
Me ranimant tous mes membres perclus**.




* par surprise, en cachette
** privé de mouvement
Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Mercredi 19 mars 2008
Quand je te vis entre un millier de Dames,
L'elite et fleur des nobles, et plus belles,
Ta resplendeur telle estoyt parmy elles,
Quelle est Venus sur les celestes flames.

Amour adonq' se vangea de mille ames
Qui luy avoyent jadis esté rebelles,
Telles tes yeux eurent leurs estincelles
Par qui les cueurs d'un chacun tu enflames.

Phebus, jaloux de ta lumiere sainte,
Couvrit le ciel d'un tenebreux nuage,
Mais l'air, maugré sa clarté toute estainte,

Fut plus serain autour de ton visage.
Adonq' le dieu d'une rage contreinte
Versa de pleurs un large marescage.


(1552)
Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Lundi 17 mars 2008
09milkm.jpg
Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les 1 commentaires - Recommander
Dimanche 16 mars 2008
Pendant que vostre main docte, gentille et belle
Va triant dextrement les odorantes fleurs
Par ces prez esmaillez en cent et cent couleurs,
Par le sacré labeur de la troupe immortelle :

Gardez qu'Amour tapy sous la robe nouvelle
De quelque belle fleur n'evente ses chaleurs,
Et qu'au lieu de penser amortir vos douleurs,
D'un petit traict de feu ne vous les renouvelle.

En recueillant des fleurs la fille d'Agenor
Fut surprise d'Amour, et Prosperine encor
L'une fille de roy, l'autre toute déesse.

Il ne faut seulement que soufler un bien peu
Le charbon eschauffé, pour allumer un feu,
Duquel vous ne pourriez enfin estre maistresse.
Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander
Vendredi 14 mars 2008
22pearl.jpg
Par Dolmancé
Ecrire un commentaire - Voir les commentaires - Recommander

Présentation

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus