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Samedi 3 novembre 2007
L'insecte

 
De tes hanches à tes pieds
je veux faire un long voyage
 
Moi, plus petit qu'un insecte
 
Je vais parmi ces collines,
elles sont couleur d'avoine
avec des traces légères
que je suis seul à connaître,
des centimêtres roussis,
de blafardes perspectives.
 
Là se dresse une montagne.
Jamais je n'en sortirai.
Ô quelle mousse géante!
Et un cratère, une rose
de feu mouillé de rosée!
 
par tes jambes je descends
en filant en spirale
ou dormant dans le voyage
et j'arrive à tes genoux,
à leur ronde dureté
pareille aux âpres sommets
d'un continent de clarté.
 
Puis je glisse vers tes pieds
et vers les huits ouvertures
de tes doigts, fuseaux pointus,
tes doigts lents, péninsulaires,
et je tombe de leur haut
dans le vide du drap blanc
où je cherche,insecte aveugle
et affamé ton contour
de brûlante poterie !

par Dolmancé
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Jeudi 1 novembre 2007

Mignone



Mignonne, sais-tu qu'on me blâme
De t'aimer comme je le fais ?
On dit que cela, sur mon âme !
Aura de singuliers effets;
Que tu n'es pas une duchesse,
Et que ton cul fait ta richesse,
Qu'en ce monde, ou rien n'est certain,
On peut affirmer une chose:
C'est que ton con vivant et rose
N'est que le con d'une putain !
Qu'est-ce que cela peut foutre ?
Lorsqu'on tient ces vains propos,
Je les méprise, et je passe outre,
Alerte, gaillard et dispo !
Je sais que près de toi je bande
Vertement, et je n'appréhende
Aucun malheur, sinon de voir,
Entre mes cuisses engourdies,
Ma pine flasque et molle choir !...

par Dolmancé
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Mardi 30 octobre 2007


Je la pris près de la rivière
Car je la croyais sans mari
Tandis qu'elle était adultère
Ce fut la Saint-Jacques la nuit
Par rendez-vous et compromis
Quand s'éteignirent les lumières
Et s'allumèrent les cri-cri
Au coin des dernières enceintes
Je touchai ses seins endormis...
Ses cuisses s'enfuyaient sous moi
Comme des truites effrayées
L'une moitié toute embrasée
L'autre moitié pleine de froid
Cette nuit me vit galoper
De ma plus belle chevauchée
Sur une pouliche nacrée
Sans bride et sans étriers

par Dolmancé
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Dimanche 28 octobre 2007

Frere Thibault


Frere Thibault, sejourné gros et gras,
Tiroit de nuict une garce en chemise.
Par le treillis de sa chambre les bras
Elle passa, puis la teste y a mise,
Et puis le seing, mais elle fut bien prise,
Car le fessier y passer ne put onc :
"Par la mort bieu, (ce dit le moyne adonc),
Il ne m'en chault de bras, tetin ne teste.
Passez le cul, ou vous retirez donc,
Je ne sçauroys sans luy vous faire feste.

par Dolmancé
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Vendredi 26 octobre 2007
Voilà de quoi est fait le chant symphonique de l'amour qui bruit dans la conque de Vénus
    Il y a le chant de l'amour de jadis
    Le bruit des baisers éperdus des amants illustres
    Les cris d'amour des mortelles violées par les dieux
    Les virilités des héros fabuleux érigées comme des cierges vont et viennent comme une rumeur obscène
    Il y a aussi les cris de folie des bacchantes folles d'amour pour avoir mangé l'hippomane sécrété par la vulve des juments en chaleur
    Les cris d'amour des félins dans les jongles
    La rumeur sourde des sèves montant dans les plantes tropicales
    Le fracas des marées
    Le tonnerre des artilleries où la forme obscène des canons accomplit le terrible amour des peuples
    Les vagues de la mer où naît la vie et la beauté
    Et le chant victorieux que les premiers rayons de soleil faisaient chanter à Memnon l'immobile
    Il y a le cri des Sabines au moment de l'enlèvement
    Le chant nuptial de la Sulamite
    Je suis belle mais noire
    Et le hurlement précieux de Jason
    Quand il trouva la toison
    Et le mortel chant du cygne quand son duvet se pressait entre les cuisses bleuâtres de Léda
    Il y a le chant de tout l'amour du monde
    Il y a entre tes cuisses adorées Madeleine
    La rumeur de tout l'amour comme le chant sacré de la mer bruit tout entier dans le coquillage
par Dolmancé
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Mercredi 24 octobre 2007

L'immaculée conception 

  ... L'amour a toujours le temps. Il a devant lui le front d'où semble venir la pensée, les yeux qu'il s'agira tout à l'heure de distraire de leur regard, la gorge dans laquelle se cailleront les sons, il a les seins et le fond de la bouche. Il a devant lui les plis inguinaux, les jambes qui couraient, la vapeur qui descend de leurs voiles, il a le plaisir de la neige qui tombe devant la fenêtre. La langue dessine les lèvres, joint les yeux, dresse les seins, creuse les aisselles, ouvre la fenêtre; la bouche attire la chair de toutes ses forces, elle sombre dans un baiser errant, elle remplace la bouche quelle a prise, c'est le mélange du jour et de la nuit. Les bras et les cuisses de l'homme sont liés aux bras et aux cuisses de la femme, le vent se mêle à la fumée, les mains prennent l'ensemble des désirs...

par Dolmancé
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Lundi 22 octobre 2007
Anne

Anne qui se mélange au drap pâle et délaisse
Des cheveux endormis sur ses yeux mal ouverts
Mire ses bras lointains tournés avec mollesse
Sur la peau sans couleur du ventre découvert.

Elle vide, elle enfle d'ombre sa gorge lente,
Et comme un souvenir pressant ses propres chairs,
Une bouche brisée et pleine d'eau brûlante
Roule le goût immense et le reflet des mers.

Enfin désemparée et libre d'être fraîche,
La dormeuse déserte aux touffes de couleur
Flotte sur son lit blême, et d'une lèvre sèche,
Tète dans la ténèbre un souffle amer de fleur.

Et sur le linge où l'aube insensible se plisse,
Tombe, d'un bras de glace effleuré de carmin,
Toute une main défaite et perdant le délice
À travers ses doigts nus dénoués de l'humain.
par Dolmancé
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Samedi 20 octobre 2007

On donnerait cher pour savoir ce qu'elles pensent. Celles qui veulent ne pas être touchés. 
Celles qui veulent qu'on les laissent faire. Celles qui veulent qu'on les saisissent lentement. Celles qui veulent frémir, 
celles qui veulent frôler. Celles qui ne savent pas ce qu'elles veulent. Les habituées. Les novices. 
Celles qui ne comprendront pas comment elles ont une fois dans leur vie permis cela. Les désespérées. 
Les folles. Toutes les femmes sans mémoire, toutes les femmes sans lendemain...

par Dolmancé
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Vendredi 19 octobre 2007

Printemps


Tendre, la jeune femme rousse,
Que tant d'innocence émoustille,
Dit à la blonde jeune fille
Ces mots, tout bas, d'une voix douce :

« Sève qui monte et fleur qui pousse,
Ton enfance est une charmille :
Laisse errer mes doigts dans la mousse
Où le bouton de rose brille,

« Laisse-moi, parmi l'herbe claire,
Boire les gouttes de rosée
Dont la fleur tendre est arrosée,

« Afin que le plaisir, ma chère,
Illumine ton front candide
Comme l'aube l'azur timide. »
par Dolmancé
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Mercredi 17 octobre 2007

Elle tourne, elle est nue, elle est grave; ses flancs

Ondulent d'ombre bleue et de sueur farouche.

Dans les cheveux mouillés s'ouvre rouge la bouche

Et le regard se meurt entre les cils tremblants.

 

Ses doigts caressent vers des lèvres ignorées

La peau douce, la chaleur molle de ses seins.

Ses coudes étendus comme sur des coussins

Ouvrent le baiser creux des aisselles dorées.

 

Mais la taille, ployée à la renverse, tend

Le pur ventre, gonflé d'un souffle intermittend,

Et sous l'arachnéen tissu noir de sa robe

 

Ses bras tendres, avec des gestes assoupis,

Ses pieds froids sur les arabesques des tapis,

Cherchent l'imaginaire amant qui se dérobe ...

par Dolmancé
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