Tu étais riche jadis ; mais alors tu étais pédéraste, et, pendant longtemps, tu ne connus aucune femme. Maintenant, Charidemus, tu cours après les vieilles : ô pouvoir merveilleux
de l'indigence ! elle t'a fait rentrer dans les voies de la nature.
Flaccus, quand je consacrerais mille vers à louer Baïes, ce rivage si précieux et si cher à Vénus, et où la nature étale ses charmes et sa magnificence, ce n'en serait pas encore
assez pour louer dignement Baïes. Mais, Flaccus, j'aime mieux Martial que Baïes. Vouloir posséder l'un et l'autre en même temps serait un voeu indiscret. Si cependant les dieux t'en accordent la
faveur, quel bonheur de jouir à la fois de Martial et de Baïes !
Flaccus, quand je consacrerais mille vers à louer Baïes, ce rivage si précieux et si cher à Vénus, et où la nature étale ses charmes et sa magnificence, ce n'en serait pas encore
assez pour louer dignement Baïes. Mais, Flaccus, j'aime mieux Martial que Baïes. Vouloir posséder l'un et l'autre en même temps serait un voeu indiscret. Si cependant les dieux t'en accordent la
faveur, quel bonheur de jouir à la fois de Martial et de Baïes !
Quand tu vois, Telesphorus, mes désirs se manifester et se produire en signes non équivoques, tu me demandes l'impossible ; tu te figures alors que je ne saurais te rien refuser, et si je
n'appuie mes promesses d'un serment, tu retires ces fesses qui te donnent tant d'empire sur moi. Qu'aurais-je à faire, si l'esclave qui me rase, son rasoir sur ma gorge, me demandait sa liberté et
mes trésors ? Je lui promettrais tout : car, en pareille circonstance, ce ne serait plus à un barbier, c'est à un voleur que j'aurais affaire; et la peur est bien impérieuse. Mais lorsque le rasoir
serait rentré dans son étui, je romprais bras et jambes au barbier. Quant à toi, je ne te ferai rien; mais pour te punir de ton insatiable avarice, après que j'aurai lavé mes mains, ma
mentule*t'ordonnera de la lécher.
Tu m'accables de reproches, ma femme, parce que tu m'as surpris avec mon mignon, et tu te prévaux de ce que, toi aussi, tu as un derrière. Combien de fois Junon n'en a-t-elle pas
dit autant à son voluptueux époux ! Le maître du tonnerre n'en couche pas moins avec l'aimable Ganymède. Le héros de Tirynthe débandait son arc pour caresser Hylas ; et penses-tu que Mégara n'eût
pas de fesses ? La fuite de Daphné désespérait Apollon ; cependant le berger d'Oebalie lui fit oublier sa flamme. Quoique Briséis tournât complaisamment le dos à Achille, celui-ci préférait la main
douce d'un jeune garçon sans barbe. Cesse donc d'appliquer des noms masculins à quoi que ce soit de ta personne, et persuade-toi bien que, par derrière comme par devant, tu n'es qu'une
femme.
Tu couches, Phébus, avec de jeunes esclaves pleins de virilité ; et ce qui est roide chez eux est flasque chez toi. Je voulais bien croire que tu aimais les hommes, mais ce n'est
pas, dit-on, de la façon que je l'entendais.
Tandis que ton jeune esclave souffre de la mentule*, toi, Névolus, tu souffres de la partie opposée : je
ne suis pas devin, mais je sais ce que tu fais.
Le fait que tu t'épiles la poitrine, les jambes, les bras ; le fait que ta verge tondue n'est entourée que de fins poils, tu le fais, Labienus - qui ne le sait pas ? - pour ta
maîtresse. Mais quel est ton but, Labienus, quand tu t'épiles le cul ?
Lorsque tes joues se couvraient d'un doux duvet, ta langue malpropre léchait les hommes. Mais quand ta tête repoussante est devenue sujet de dégoût pour les croque-morts et
le misérable bourreau, tu t'es servi de ta bouche d'une autre façon : tu es devenu médisant et tu aboies à tout nom qui se présente à toi. Que ta langue malfaisante reste plutôt attachée aux sexes
car lorsqu'elle suçait, elle était plus pure.