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Samedi 9 février 2008
(Lui)

Que tu es belle, ma chérie, que tu es belle
Tes yeux, à travers les boucles de tes cheveux,
ont (le même charme) que ceux des colombes ,
Tes cheveux (ondulent) comme un troupeau de chèvres noires
qui dévalent les pentes de la montagne de Galaad.
Tes dents blanches, deux à deux,
font penser à un troupeau de brebis qui vont être tondues
et qui remontent du lavoir.
Jumelées, aucune ne manque.
Tes lèvres (ressemblent) à un ruban écarlate; ton parler est fascinant.
Ta tempe, entre les boucles de cheveux, est comme une tranche de grenade.
Ton cou a l'aspect d'une tour de David, bâtie pour les trophées:
mille boucliers, toutes les armures des héros y sont suspendus.
Tes deux seins sont comme deux faons, jumeaux d'une biche
paissant parmi les lys.
Avant que souffle la brise du jour et que les ombres s'effacent,
J'irai vers la montagne de la myrrhe, vers la colline de l'encens.
Tu es si belle, ma chérie; je ne trouve en toi aucune imperfection.
Avec moi, ma fiancée, du Liban
Avec moi, du Liban, tu viendras.
Tu dévaleras les pentes du sommet de l'Amanah,
du haut du Sénir et du Hermon,
depuis les repaires des lions et les montagnes où sont les léopards.
Tu m'as ensorcelé, ô ma soeur, ma chérie,
Tu m'as ensorcelé par un seul de tes regards,
par un seul des diamants de (suspendus à) ton cou.
Qu'elles sont douces, tes caresses, ma soeur chérie
Qu'elles sont délicieuses tes caresses, plus que du vin.
Et la senteur de tes parfums (est plus forte)
que tous les aromates (baumes odorants).
Ma chérie, tes lèvres distillent la douceur du nectar,
Du miel et du lait sont sous ta langue,
Le parfum de tes vêtements est comme un parfum du Liban.
Ma soeur chérie, tu es un jardin verrouillé,
une source close, une fontaine scellée !
Tu respires un parfum de verger paradisiaque
planté de grenadiers aux fruits succulents :
(y confluent) les cypres (hennés) avec les nards, le nard et le safran,
la cannelle et la cinnamome, toutes les espèces de bois odorants,
et aussi les senteurs de myrrhe et d'aloès
avec celle des plus fins de tous les aromates.
Fontaine des jardins, puits des eaux vives,
ruisseaux qui dévalent du Liban (tu es) !

(Elle)

Réveille-toi, rafale du Nord, viens, brise du Sud,
Soufflez sur mon jardin; qu'il exhale ses aromates !
Que mon amour entre dans son jardin
et qu'il goûte la succulence de ses fruits !

(Lui)

Je suis entré dans mon jardin, ma soeur chérie,
J'ai fait la récolte de ma myrrhe avec mes herbes parfumée
J'ai mangé mon rayon avec mon miel,
J'ai bu mon vin avec mon lait.

(Choeur)
par Dolmancé
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Mercredi 6 février 2008
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par Dolmancé
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Dimanche 3 février 2008
par Dolmancé
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Jeudi 31 janvier 2008
druuna10l.jpg
par Dolmancé
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Lundi 28 janvier 2008
par Dolmancé
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Samedi 26 janvier 2008
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par Dolmancé
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Jeudi 24 janvier 2008
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par Dolmancé
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Mardi 22 janvier 2008
Les têtes s'étaient prodigieusement échauffées. On n'avait pas au souper, comme au dîner, la permission de morigéner autant les servantes: celles-ci, étant la quintessence de ce qu'offrait la société, devaient être un peu plus ménagées, mais en revanche, on se permit avec elles une furieuse dose d'impuretés. Le duc, à moitié ivre, dit qu'il ne voulait plus boire que de l'urine de Zelmire, et il en avala deux grands verres qu'il lui fit faire en la faisant monter sur la table, accroupie sur son assiette. "Le bel effort, dit Curval, que d'avaler du pissat de pucelle!" et appelant Fanchon à lui: "Viens, garce, lui dit-il, c'est à la source même que je veux puiser." Et penchant sa tête entre les jambes de cette vieille sorcière, il avala goulûment les flots impurs de l'urine empoisonnée qu'elle lui darda dans l'estomac. Enfin, les propos s'échauffèrent, on traita différents points de moeurs et de philosophie, et je laisse au lecteur à penser si la morale en fut bien épurée. Le duc entreprit un éloge du libertinage et prouva qu'il était dans la nature et que plus ses écarts étaient multipliés, mieux ils la servaient. Son opinion fut généralement reçue et applaudie, et on se leva pour aller mettre en pratique les principes qu'on venait d'établir. Tout était prêt dans le salon des orgies: les femmes y étaient déjà, nues, couchées sur des piles de carreaux à terre, pêle-mêle avec les jeunes gitons sortis de table à ce dessein un peu après le dessert. Nos amis s'y rendirent en chancelant, deux vieilles les déshabillèrent, et ils tombèrent au milieu du troupeau comme des loups qui assaillent une bergerie. L'évêque, dont les passions étaient cruellement irritées par les obstacles qu'elles avaient rencontrés à leur saillie, s'empara du cul sublime d'Antinoüs pendant qu'Hercule l'enfilait et, vaincu par cette dernière sensation et par le service important et si désiré qu'Antinoüs lui rendit sans doute, il dégorgea à la fin des flots de semence si précipités et si âcres qu'il s'évanouit dans l'extase. Les fumées de Bacchus vinrent achever d'enchaîner des sens qu'engourdissait l'excès de la luxure, et notre héros passa de l'évanouissement à un sommeil si profond qu'on fut obligé de le porter au lit. Le duc s'en donna de son côté. Curval, se ressouvenant de l'offre qu'avait faite la Martaine à l'évêque, la somma d'accomplir cette offre et s'en gorgea pendant qu'on l'enculait. Mille autres horreurs, mille autres infamies accompagnèrent et suivirent celles-là, et nos trois braves champions, car l'évêque n'était plus de ce monde, nos valeureux athlètes, dis-je, escortés des quatre fouteurs du service de nuit, qui n'étaient point là et qui vinrent les prendre, se retirèrent avec les mêmes femmes qu'ils avaient eues sur les canapés, à la narration. Malheureuses victimes de leurs brutalités, auxquelles il n'est que trop vraisemblable qu'ils firent plus d'outrages que de caresses et auxquelles, sans doute, ils donnèrent plus de dégoût que de plaisir. Telle fut l'histoire de la première journée.

par Dolmancé publié dans : Sade
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Dimanche 20 janvier 2008
  Ici une cloche se fit entendre dans le salon: c'était celle qui annonçait que le souper était servi. En conséquence, Duclos, généralement applaudie des petits débuts intéressants de son histoire, descendit de sa tribune et, après s'être un peu rajustée du désordre dans lequel chacun se trouvait, on s'occupa de nouveaux plaisirs en allant avec empressement chercher ceux que Comus offrait. Ce repas devait être servi par les huit petites filles nues. Elles se trouvèrent prêtes au moment où l'on changea de salon, ayant, eu la précaution de sortir quelques minutes avant. Les convives devaient être au nombre de vingt: les quatre amis, les huit fouteurs et les huit petits garçons. Mais l'évêque, toujours furieux contre Narcisse, ne voulut pas permettre qu'il fût de la fête, et comme on était convenu d'avoir entre soi des complaisances mutuelles et réciproques personne ne s'avisa de demander la révocation de l'arrêt, et le petit bonhomme fut enfermé seul dans un cabinet obscur en attendant l'instant des orgies où monseigneur, peut-être, se raccommoderait avec lui. Les épouses et les historiennes furent promptement souper à leur particulier, afin d'être prêtes pour les orgies; les vieilles dirigèrent le service des huit petites filles, et l'on se mit à table. Ce repas, beaucoup plus fort que le dîner, fut servi avec bien plus de magnificence, d'éclat et de splendeur. Il y eut d'abord un service de potage au jus de bisque et de hors-d'oeuvre composés de vingt plats. Vingt entrées les remplacèrent et furent bientôt relevées elles-mêmes par vingt autres entrées fines, uniquement composées de blancs de volailles, de gibiers déguisés sous toutes sortes de formes. On les releva par un service de rôti où parut tout ce qu'on peut imaginer de plus rare. Ensuite arriva une relève de pâtisserie froide, qui céda bientôt la place à vingt-six entremets de toutes figures et de toutes formes. On desservit et on remplaça ce qui venait d'être enlevé par une garniture complète de pâtisseries sucrées, froides et chaudes. Enfin, parut le dessert, qui offrit un nombre prodigieux de fruits, malgré la saison, puis les glaces, le chocolat et les liqueurs qui se prirent à table. A l'égard des vins, ils avaient varié à chaque service: dans le premier le bourgogne, au second et au troisième deux différentes espèces de vins d'Italie, au quatrième le vin du Rhin, au cinquième des vins du Rhône, au sixième le champagne mousseux et des vins grecs de deux sortes avec deux différents services.
par Dolmancé publié dans : Sade
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Vendredi 18 janvier 2008
Tiens, me dit-il, en me faisant empoigner un outil si monstrueux que mes deux petites mains pouvaient à peine l'entourer, tiens, mon enfant, ceci s'appelle un vit, et ce mouvement-là, continuait-il en conduisant mon poignet par des secousses rapides, ce mouvement-là s'appelle branler. Ainsi, dans ce moment-ci, tu me branles le vit. Va, mon enfant, va, vas-y de toutes tes forces. Plus tes mouvements seront rapides et pressés, plus tu hâteras l'instant de mon ivresse. Mais observe une chose essentielle, ajoutait-il en dirigeant toujours mes secousses, observe de tenir toujours la tête à découvert. Ne la recouvre jamais de cette peau que nous appelons le prépuce: si ce prépuce venait à recouvrir cette partie que nous nommons le gland, tout mon plaisir s'évanouirait. Allons, voyons ma petite, continuait mon maître, voyons que je fasse sur toi ce que tu ferais sur moi." Et se pressant sur ma poitrine en disant cela, pendant que j'agissais toujours, il plaça ses deux mains si adroitement, remua ses doigts avec tant d'art, que le plaisir me saisit à la fin, et que c'est bien positivement à lui que j'en dois la première leçon. Alors, la tête venant à me tourner, je quittai ma besogne, et le révérend, qui n'était pas prêt à la terminer, consentit à renoncer un instant à son plaisir pour ne s'occuper que du mien. Et quand il me l'eut fait goûter en entier, il me fit reprendre l'ouvrage que mon extase m'avait obligée d'interrompre et m'enjoignit bien expressément de ne plus me distraire et de ne plus m'occuper que de lui. Je le fis de toute mon âme. Cela était juste: je lui devais bien quelque reconnaissance. J'y allais de si bon coeur et j'observais si bien tout ce qui m'était enjoint, que le monstre, vaincu par des secousses aussi pressées, vomit enfin toute sa rage et me couvrit de son venin. Etienne alors parut transporté du délire le plus voluptueux. Il baisait ma bouche avec ardeur, il maniait et branlait mon con et l'égarement de ses propos annonçait encore mieux son désordre. Les f... et les b... enlacés aux noms les plus tendres, caractérisaient ce délire qui dura fort longtemps et dont le galant Etienne, fort différent de son confrère l'avaleur d'urine, ne se retira que pour me dire que j'étais charmante, qu'il me priait de le revenir voir, et qu'il me traiterait toutes les fois comme il allait le faire. En me glissant un petit écu dans la main, il me ramena où il m'avait prise et me laissa tout émerveillée et tout enchantée d'une nouvelle bonne fortune qui, me raccommodant avec le couvent, me fit prendre à moi-même la résolution d'y revenir souvent à l'avenir, persuadée que plus j'avancerais en âge et plus j'y trouverais d'agréables aventures. Mais ce n'était plus là ma destinée: des événements plus importants m'attendaient dans un nouveau monde, et j'appris, en revenant à la maison, des nouvelles qui vinrent bientôt troubler l'ivresse où venait de me mettre l'heureuse tournure de ma dernière histoire."
par Dolmancé publié dans : Sade
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