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Samedi 30 août 2008
Un beau cordelier, moine napolitain,

Fut pris sondant son Prieur Dom Jérôme

Et fut conduit au Métropolitain.

Ça, votre nom ? dit l'Évêque. Dom Côme.

Votre péché, quel est-il ? De Sodome.

Votre âge, quel ? Il est de vingt-huit ans.

Moine de quand ? Dès mon plus jeune temps.

Dans le couvent, qui êtes vous ? Économe.

Hem ! dit alors l'Évêque, entre ses dents,

Bien payerais un pareil Majordome.


Par Dolmancé
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Mercredi 27 août 2008
Un verd-galant se confessait naguère

D'avoir réduit maintes filles aux abois.

Et des garçons, dit le moine ? Ah ! mon Père

Je ne suis homme à semblables exploits.

Tant mieux mon fils, poursuis, si tu me crois,

Dit le Pater, je te loue et pour cause :

Car si ce mal t'arrivais une fois,

Plus ne voudrais jamais faire autre chose.


Par Dolmancé
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Dimanche 24 août 2008
Un Franc-Comtois, un Florentin, un Suisse,

Au cabaret se trouvant un peu gris,

Voulaient gîter : tous les lits étaient pris.

N'en restait qu'un que par tiers on divise.

Au beau milieu le Suisse s'endormit,

Par le Comtois la ruelle fut prise

Et poliment le Florentin se mit

À l'autre bord. Or la nuit arrive,

Par cas fortuit que le Suisse poussé

Allait jeter son voisin hors de rive.

Tenez vous donc ! je suis par trop pressé.

Parlez plus bas, ce drôle-ci s'enflamme

Et tout rêvant va son petit chemin :

Que vous et moi nous en rirons demain !

Le bon Toscan croit le mettre à sa femme.






in Epigrammes de Jean-Baptiste Rousseau - ornées de
gravures représentant les sujets les plus licencieux et les plus libertins - 1791


Par Dolmancé
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Jeudi 21 août 2008
Un précepteur logé chez un Génois

Tant procéda, que de fil en aiguille

Il exploita la nièce du bourgeois,

Et le disciple, et la mère, et la fille.

Le cas fit bruit : Et le chef de famille,

Homme prudent, tira mon drôle à part.

Ça, ça, dit-il, venez, Messire Oudart

Sur notre peau consommer vos ouvrages.

C'est bien raison que j'en tire ma part,

Puisque c'est moi qui vous donne vos gages.






in recueil Bijou de Société - imprimé à Paphos, la ville sacrée de Vénus dans l'antiquité et daté de l'An des plaisirs (vers 1780)
Par Dolmancé
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Lundi 18 août 2008
Robin cherchant aventure charnelle

Pressait au bal tendron de quatorze ans

Qui sous l'habit de gente Damoiselle

Lui dit, calmez ces désir violents,

Point ne ferez ici d'exploits galants :

Mâle je suis. Robin ne se dérange

Et s'écria les yeux étincelants,

Ainsi soit-il ! parbleu je gagne au change.






in recueil Bijou de Société - imprimé à Paphos, la ville sacrée de Vénus dans l'antiquité et daté de l'An des plaisirs (vers 1780)

Par Dolmancé
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Samedi 16 août 2008
Par Dolmancé
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Lundi 11 août 2008
Ballade des lécheurs

Spelicans
Qui en tous temps
Avancez dedans le pogoiz
Gourde pïarde,
Et, sur la tarde,
Desboursez les pouvres nÿais :
Et pour soustenir voz pois,
Les duppes sont privés de caire
Sans faire haire
Ne hault braire ;
Metz, plantez ilz sont comme joncz
Par les sires qui sont si longs.

Souvent, aux arques,
A leur marques
Se laissent tous desbouser
Pour ruer,
Et enterver
Pour leur contre, que lors faisons.
La féee, lès arques, vous respons
Et ruë deux coups ou trois :
Aux gallois,
Deux ou trois
Nineront trèstout au[x] frontz,
Pour les sires qui sont si longs.

Et pour ce, bevardz
Coquillars
Rebecquez-vous de la montjoye
(Qui desvoye
Vostre proye
Et vous fera du tout brouer)
Par joncher
Et enterver
(Qui est aux picons bien chair)
Pour rifler
Et placquer
Les angelz de mal tous rons
Pour les sires qui sont si longs.

De paour des hurmes
Et des grumes,
Rasurez-vo[u]z en droguerie
Et faiërie,
Et ne soiez plus sur les joncs
Pour les sires qui sont si longs.


Par Dolmancé
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Mercredi 6 août 2008
Ballade des enculeurs en danger


Coquillars enaruans a ruel :

Men ys vous chante que gardes
Que n'y laissez et corps et pel,
Qu'on fist de Collin l'escailler :
Devant la roë babiller,
Il babigna pour son salut ;
Pas ne scavoit oingnons peller,
Dont l'amboureux luy rompt le suc.

Changez voz andosses souvent
Et tirez, tout droit, au temple  ;
Et eschecquez tost en brouant,
Qu'en la jarte ne soiez emple.
Montigny y fut par exemple
Bien ataché au hallegrup
(Et y jargonnast-il le tremple !),
Dont l'amboureux luy rompt le suc.

Gailleurs bien faitz en piperie
Pour ruer les ninars au loing :
A l'assault tost sans suërie,
Que les mignons ne soient au gaing
Farciz d'un plumbis à coing.
Qui griffe au gard le duc
Est de la dure si très loing,
Dont l'amboureux, luy rompt le suc.

Prince, arrière du ruel !
Et n'eussiez-vous denier ne pluc,
Qu'au giffle ne laissez l'appel
Pour l'amboureux qui rompt le suc.
Par Dolmancé
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Lundi 4 août 2008
173. - Étoile du matin, cruelle aux amants, pourquoi tournes-tu si  lentement autour du monde, maintenant qu'un autre se réchauffe  sous la couverture de Démo ? Ah ! lorsque je tenais dans mes  bras  cette belle à la taille élancée, tu m'arrivais bien vite, comme  pour me frapper d'une lumière qui riait de mes maux.

175. - Je sais que tu trahis ma foi : tes cheveux, tout humides  encore de parfums, dénoncent ta vie dissolue ; tes yeux,  appesantis par la fatigue, montrent bien que tu as passé la nuit ;  cette couronne qui te serre le front prouve que tu sors d'un festin  ; tes cheveux en désordre portent les traces de mains  amoureuses,  et tous tes membres chancellent sous les vapeurs  du  vin. Va-t'en, femme au coeur banal ; le luth de l'orgie  t'appelle;  entends-tu le bruit des castagnettes lascives ?

195. - Les trois Grâces ont accordé à la jeune épouse Zénophile  un triple don, un triple gage de beauté ; l'une sur son teint a mis le  désir, l'autre le charme dans sa tournure, la troisième a mis dans  sa bouche les doux propos. Trois fois heureuse, celle dont Vénus  a  préparé la couche, dont la Persuasion dicte le langage, et dont  l'Amour a dessiné les traits.


Par Dolmancé
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Vendredi 1 août 2008
165. - Je te demande une grâce, ô nuit, mère de tous les dieux,  nuit qui m'est chère, une seule grâce, nuit auguste et sacrée,  compagne des orgies amoureuses, si quelque rival sous la  couverture d'Héliodora se réchauffe à ces charmes qui éloignent  le sommeil, que la lampe s'éteigne, et que dans les bras de son  amante il s'endorme d'un profond sommeil comme un autre  Endymion.

166. - 0 nuit, ô amour d'Héliodora qui me tiens éveillé, ô  morsures  accompagnées de larmes que l'odieux matin provoque,  lui reste-t-il des souvenirs de ma tendresse, et mes baisers  reviennent-ils à sa mémoire, réchauffent-ils sa froide imagination  ? Dort-elle avec mes larmes ? Aime-t-elle à prolonger un rêve qui  lui rappelle mon image ? Ou bien s'abandonne-t-elle à un nouvel  amour, à de nouveaux ébats ? O lampe, n'éclaire jamais de telles  perfidies, veille bien sur celle que je t'ai confiée.
Par Dolmancé
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