partie 2
Madame de Gernande et sa fidèle Justine tireront le premier billet.
Madame de Verneuil et Laurette, le second.
Marceline et Lili, le troisième.
Cécile et Rose, le quatrième.
Une des vieilles, et le plus joli des gitons, tireront le cinquième.
Vous voyez que j'excepte Victor ; les dispositions que vous lui reconnaîtrez incessamment le rendent plutôt digne d'être au nombre des agents, que dans la classe des
patients.
Les cinq billets s'écrivent ; une vieille les ballotte dans un calice, et, se plaçant sur l'ottomane, au bas du symbole de l'Être suprême, chaque couple vient tirer
tour à tour, et est obligé de lire à haute voix le sort qui lui est échu.
D'Esterval a manifesté le vœu de pincer fortement les fesses, de mordre les trous du cul et les clitoris. Madame de Verneuil et Laurette lui échoient.
Bressac déclare qu'il enculera... qu'il pincera les tétons, et qu'il donnera de vigoureux soufflets. Madame de Gernande et Justine lui sont aussitôt livrées.
Dorothée piquera avec une épingle les parties du corps les plus sensibles, et chiera sur les deux visages. La vieille et le giton lui sont décernés.
Gernande déclare qu'il fera, sur chaque individu, six légères piqûres avec ses lancettes, et qu'on le sucera. Cécile et Rose forment son lot.
Verneuil annonce qu'il fustigera jusqu'au sang. Marceline et Lili lui appartiennent.
C'est au pied du sofa, placé près de l'emblème de Dieu, que les destins ont été consultés ; c'est sur ce même sofa que vont s'accomplir les sorts. Ils
s'exécutent ; et Bressac est le seul qui ne peut les accomplir sans perdre son foutre ; c'est au fond du cul de Justine qu'il l'exhale, pendant qu'il soufflette si cruellement la pauvre
madame de Gernande, que les larmes coulent de ses yeux.
Ces différentes scènes avaient déjà, comme on le croit bien, fait disparaître tous les vêtements, et l'on ne voyait plus que des nudités.
- C'est sur ma femme, maintenant, s'écria M. de Verneuil, oui, mes amis, c'est sur elle que doivent tomber les vexations. John, et vous, Constant, étendez cette malheureuse
à terre sur ces piles de carreaux, et que chacun aille aussitôt lui imposer un genre de supplice au gré de sa perfide imagination. Vous, Cécile, ma fille et la sienne, placez-vous sur l'ottomane
sacrée (c'est ainsi que se nommait celle qui se voyait aux pieds de la représentation du Bon Dieu) ; les plaisirs que vos charmes vont procurer serviront de récompense aux bourreaux de votre
mère. Je réglerai les prix, et les distribuerai en raison de l'énergie avec laquelle on aura molesté ma femme. Victor, placez-vous près de Cécile, afin d'offrir de plus délicats plaisirs à ceux qui
préféreront votre sexe.
Puis, montrant sa femme d'un côté, et ses deux enfants de l'autre :
- Courage, mes amis, s'écrie-t-il ; voilà la victime, et voici la récompense.
Marceline est après de lui, elle le branle ; deux gitons lui prêtent leurs fesses. On part.
Gernande impose le premier ; et sa perfide lancette incise en quinze endroits, mais légèrement, les belles chairs de l'infortunée offertes à ses fureurs ; il se
jette sur Victor, et s'en fait sucer.
Dorothée suit, et comprime si fort les seins de madame de Verneuil, qu'elle lui occasionne d'affreuses convulsions ; elle se rue sur Cécile, et la tribade lui décharge
au nez.
D'Esterval suit sa femme ; il épile madame de Verneuil, et lui pique au sang les babines du con ; l'anus de Victor le console ; il y vient faire sa
décharge.
Bressac caresse sa tante à grands coups de poing dans le nez ; elle en saigne ; il la sodomise... lui tire les oreilles jusqu'à lui fendre la peau, et revient,
comme d'Esterval, enculer le charmant Victor.
Verneuil s'approche. On croit sans peine qu'il ne ménagea pas sa femme ; il la bat, la pince, la moleste ; et c'est dans le beau cul de Cécile qu'il apaise
aussitôt son ardeur.
- A toi, Victor, dit-il à son fils ; voyons comme tu traiteras ta mère : admire sous tes yeux un parent qui ne marchanda pas si longtemps la sienne ; ô
Bressac ! encouragez votre neveu à vous imiter un jour !
Le jeune Victor se présente. C'est sa mère qu'un père féroce et brutal lui ordonne d'insulter ; et c'est sa sœur qui va lui servir de récompense. Hélas ! le jeune
enfant ne se prête qu'avec trop de complaisance aux infamies qu'on ose exiger, il n'est pas besoin de lui rien prescrire.
- Belle maman, dit le petit libertin, je sais ce qui vous désespère ; trouvez bon que je l'entreprenne. Tournez-moi ce beau cul, pour que j'en jouisse de toutes les
manières qui vous vexent le mieux.
Il n'y avait pas à résister. Les vieilles, entourant la victime, l'eussent à l'instant contenue, si elle se fût avisé d'opposer la moindre contrariété. Victor, armé d'une
poignée de verges, osa porter une main parricide sur celle dont il reçut le jour. Encouragé par Gernande, Bressac, d'Esterval, et par Dorothée même, le monstre, à l'instar de Bressac, fouette sa
mère à tour de bras. Le croira-ton ? Verneuil, pour mieux exciter son fils, lui branle le vit en dessous, pendant qu'il contient sa femme. Le petit libertin, tout ému, plus beau que l'Amour
même, malgré les horreurs qui le dégradent, s'écrie :
- Mon père ! ah ! oui, oui, tiens-la moi ; tiens-la moi bien, pendant que je l'encule.
Et le complaisant Verneuil, fixant les reins de son épouse, place soigneusement le vit de son fils au cul de sa tendre moitié. Voilà Victor au fond, l'inceste se consomme,
pendant que ce père coupable excite, sert lui-même, en mille voluptueuses manières, les impudiques plaisirs de ce fils criminel.
- Comment cueillir maintenant le prix offert ? dit Verneuil à Victor ; ton épuisement te le permettra-t-il ?...
- Épuisé ?... moi ? dit le fripon en faisant voir que l'assaut qu'il vient de livrer n'a fait qu'aiguiser ses armes, voyez, sacredieu, ce vit-là ; voyez s'il
n'est pas en état de faire à ma sœur ce qu'il vient d'entreprendre avec ma mère. J'insinuerai dans le cul de la fille la merde que je viens de pêcher dans celui de la maman ; rien de plus
délicieux au monde !
Et se jetant sur Cécile, il la met dans la même attitude où il vient de placer sa mère. Le fripon s'apprête à la traiter également, lorsque Verneuil suspendant les fureurs
de son fils, le prie d'en retarder un moment le cours, pour mettre plus d'ordre à ses voluptés. Cécile, agenouillée sur le saint sofa, présente en plein la double route des plaisirs : Verneuil
prépare les voies ; il introduit son fils dans celle de Sodome. A cheval sur les reins de Cécile, est, avec soin, placée Laurette, qui présente aux baisers du jeune homme, à l'endroit, le
temple le plus frais et le plus mignon qu'ait encore eu l'Amour sur terre. De droite et de gauche, mesdames de Gernande et de Verneuil offrent leurs culs à patiner. Verneuil encule son fils ;
John le lui rend. Bressac, d'Esterval, Gernande et Dorothée, ivres de ce spectacle, l'entourent... le premier en sodomisant un giton, le second pollué par Marceline dont il pince les fesses, le
troisième sucé par Lili, et la quatrième enconnée par Constant. Au bout d'une courte carrière, tout le monde atteignant le but, des flots de foutre impurs, sodomites, incestueux, s'élancent de
toutes parts aux yeux de l'Éternel, mis là pour être insulté ; et, en épuisant ceux qui les perdent, les contraignent à d'indispensables réparations.
On s'approche du buffet. Les pâtés, les jambons, les volailles, les perdrix se taillent, se découpent, les flacons se débouchent, tout s'avale ; mais, peu d'instants
après, l'exigeante déesse de Cythère rappelle à ses autels déserts tous ces sectateurs de Comus.
- Mes amis, dit Verneuil en reprenant poste, nous avons tout à l'heure consulté le sort sur nos plaisirs : je suis d'avis maintenant d'interroger l'Être éternel sur le
même objet. Le voilà sous vos yeux, ce Dieu suprême qui connaît l'avenir ; j'ordonne donc à chacun d'aller se placer debout devant lui, le vit à la main, et de le consulter par la formule que
vous allez trouver au pied de son trône. Le grand Être dont je suis ici le ministre, et dont j'ai reçu les ordres ce matin, vous répondra par un billet ; vous en exécuterez le contenu. Vous
vous ressouviendrez que le style des décrets d'un Dieu est toujours un peu louche ; vous aiderez à la lettre ; vous devinerez l'intention, et vous agirez. La manière dont vous venez de
vous conduire, Victor, assure, plus que jamais, votre rang parmi nous ; vous ne vous prêterez donc plus comme patient, qu'autant que le jeu vous plaira. Commencez Gernande ; allez
consulter Dieu.
Gernande, dans l'attitude prescrite, prononce à haute voix les paroles qu'il trouve, et que nous allons transcrire mot à mot.
« Méprisable image du plus ridicule fantôme, toi qui n'es bien placé que dans un bordel, toi qui n'es bon qu'à régler les plaisirs du cul, que faut-il que je fasse pour
rebander ? Fais-le moi connaître ; j'exécuterai ce que tu me prescriras ; mais en te protestant que c'est la seule chose sur laquelle je veuille t'obéir ; mon mépris et ma haine
sont trop constatés, trop certains, pour que je doive jamais me soumettre à toi sur d'autres objets. »
A peine Gernande a-t-il prononcé, qu'un rouleau de satin blanc, lancé par la bouche de l'Éternel, tombe à ses genoux. Il le développe, il y lit ces mots :
« Prends ta belle-sœur et Marceline ta sœur ; passe avec elles dans un boudoir ; là, tu mêleras le sang, et tu boiras le foutre. »
Gernande s'enferme aussitôt. Nous ne répéterons plus que tous en firent de même, dès qu'ils eurent reçu leur décret.
Bressac succède ; il lit la même formule ; le rouleau tombe. On y disait : « Prends deux gitons, et marque-les. »
Dorothée suit ; le rouleau dit : « Que la Gernande et Constant te suivent ; deviens à la fois le bourreau de l'une, la putain de l'autre. »
D'Esterval paraît : « Prends Cécile et Lili lui dit le rouleau ; et ne ménage celui-ci que pour accabler la première. »
Verneuil arrive : « Justine et John t'appartiennent, exprime le rouleau ; hasarde ton secret avec la première, que le second te venge si l'on te
refuse. »
Victor termine : « Prends deux gitons, dit l'oracle, et rends-toi digne de ton père. »
L'impossibilité où nous voici maintenant de suivre chacun des acteurs dans son cabinet de retraite, est cause que nous ne nous attacherons, avec la permission de nos
lecteurs, qu'à celui d'entre eux qui met notre héroïne en scène.
- Justine, dit Verneuil dès qu'il est enfermé avec elle, faisons passer un moment ce garçon dans la garde-robe, et écoutez-moi avec attention. La voix du Dieu de l'univers
vient de m'apprendre que je pouvais t'initier dans mon secret ; je vais le faire ; n'en abuse pas, et tâche surtout que je n'aie pas à me repentir de ma confiance.
Il m'est impossible de te cacher, ma chère, que tu as quelque chose en toi qui me plaît excessivement. Mon frère te trouve de l'esprit, mais trop de pruderie ; écarte
ce nuage qui nuit à tes attraits ; renonce à tes sottes pratiques de religion, de vertu, et parcours avec moi la route la plus épineuse du crime. Consens à venir dans mes terres, et ta fortune
est faite ; mais il faut, si tu acceptes, avec un courage infini... un abandon... une résignation totale...
- Oh ! monsieur, de quoi s'agit-il ?
- D'une horreur. Persuade-toi d'abord, mon enfant, qu'il n'existe pas dans le monde un mortel plus scélérat que moi ; il n'en est aucun qui porte aussi loin le goût du
crime et de l'atrocité. Pour satisfaire mes intentions perverses sans autant de risques que les malfaiteurs ordinaires, et pour multiplier mes victimes, par une insigne trahison qui met tous mes
sens en feu, dans un embrasement indicible, je me sers d'une poudre qui porte aussitôt la mort dans le sein de ceux qui la respirent ou qui l'avalent. Cette poudre est tirée de la racine d'addad,
qui croît dans l'Afrique
1, mais dont les curieux peuvent élever des
plantes. Le poison qui s'en extrait est si violent, qu'une très petite dose suffit à donner la mort la plus prompte et la plus douloureuse. Tu n'imaginerais pas, ma chère fille, l'innombrable
quantité de victimes qui périssent ainsi traîtreusement sous mes coups. Mais comme celui qui se livre au crime désire toujours au delà de ce qu'il exécute, peu satisfait encore de la multiplicité
d'individus qui tombent près de moi, je m'occupe d'un moyen d'étendre ces actions. Pour y réussir, j'ai besoin d'une aide... J'ai jeté les yeux sur toi ; munie de ma poudre infernale, c'est le
nom que je lui ai donné, tu parcourrais les villes, tu distribuerais ce venin ; et je goûterais le bonheur sans égal d'ajouter tes crimes aux miens, et de les regarder comme personnels,
puisqu'ils deviendront mon ouvrage.
- Quoi ! monsieur, de telles horreurs ?...
- Me composent les plus doux plaisirs que je puisse goûter dans le monde : l'action, quand je m'y livre, irrite d'abord incroyablement mes esprits ; en apprends-je
ou en vois-je la consommation, mon foutre échappe aussitôt, sans que j'aie besoin d'autres secours.
- Oh ! monsieur, que je plains ceux qui vous entourent !
- Non ; ma femme, mes enfants, mes domestiques, ne courent aucun risque ; ils me procurent d'autres plaisirs, dont je serais obligé de me passer sans eux ;
mais tout le reste, Justine, oh ! tout le reste m'échauffe... m'excite... me met aux nues. Plus ambitieux qu'Alexandre, je voudrais dévaster toute la terre, la voir jonchée de mes
cadavres.
- Vous êtes un monstre ; votre perversité doublera en raison de ce que vous lui donnerez de l'essor, et les êtres sacrés que vous voulez bien ménager aujourd'hui seront
bientôt sacrifiés à leur tour.
- Tu crois, Justine, dit Verneuil en maniant les fesses de celle qu'il cherche à séduire, et lui faisant empoigner son vit très irrité de ces propos ?
- J'en suis sûre.
- Et quand cela serait, mon ange, commettrai-je donc un si grand mal ?
- Affreux, monsieur, exécrable... Et moi-même ne deviendrais-je pas aussi votre victime ?
- Jamais, tu me serais trop précieuse... trop nécessaire pour cela.
- Ah ! je n'en serais que plus tôt sacrifiée, si j'avais le malheur d'accepter vos offres. Ce qu'un criminel fait de plus sage est d'anéantir ses complices ; et de
toutes les horreurs où il se livre, celle-là, sans doute, est la plus convenable.
- Je n'ai qu'un mot à répondre à tes objections, Justine. Tu serais maîtresse de la poudre, tu aurais dès lors sur mon existence les mêmes droits que je pourrais acquérir
sur la tienne.
- Oh ! Verneuil, il n'y a de dangereux que les armes qui se trouvent dans la main du crime ; si la vertu les possède un instant, elle ne s'en sert que pour les
ravir à ceux qui peuvent en abuser.
- Mais tu crois donc, ma fille, qu'il y a un grand mal à me satisfaire ainsi ?
- C'est la plus abominable de toutes les horreurs, parce qu'elle est, de toutes les manières de commettre le meurtre, la plus traîtresse et la plus dangereuse... celle dont
on peut le moins se défendre.
- Instruite par mon frère, répondit Verneuil, je ne te répèterai point ce que lui, ou les autres philosophes avec lesquels tu as passé ta vie, ont pu te dire pour te prouver
la nullité du prétendu crime appelé meurtre ; je ne m'attacherai qu'à te faire comprendre que de toutes les façons d'y procéder, celle qui ne fait point couler de sang est la moins affreuse
sans doute. Et, en effet, tu m'avoueras, Justine, que si quelque chose répugne dans l'action de détruire son semblable, c'est la violence qu'on exerce sur lui, c'est le sang qu'on fait jaillir de
ses veines ; c'est, en un mot, le spectacle de ses meurtrissures et de ses plaies. Rien de tout cela dans le poison : aucun acte violent ; la mort frappe sous vos yeux la personne
condamnée, sans bruit, sans scandale, à peine vous en doutez-vous. Ô Justine, Justine, c'est une délicieuse chose que le poison ! que de services il a rendus !... que de gens il sut
enrichir !... de combien d'êtres inutiles il a purgé le monde !... de combien de tyrans il a déchargé la terre !... Dans le cas, par exemple, où il s'agit de briser les fers du
despotisme, la tyrannie d'un père, d'un époux... d'un maître injuste, y réussit-on autrement et plus sûrement que par le poison ? Ah ! si ce suc précieux n'était pas nécessaire à l'homme,
la nature nous l'eût-elle donné ? Y a-t-il une seule plante sur la terre qui nous soit inutile, une seule dont elle ne nous accorde la permission d'user à notre gré ? Employons-les donc
toutes sans choix aux besoins que cette même nature nous inspire ; que les unes nous substantent et corroborent nos forces ; que celles-ci nous dégagent des humeurs dont la trop grande
abondance nuirait à notre santé ; que celle-là nous délivrent des individus qui nous sont à charge ; tout cela est à sa place, tout cela est dans l'ordre. La nature l'offre et le prescrit
à la fois ; il n'y a que les sots qui, ne voulant pas l'entendre, ou la repoussent ou l'interprètent mal.
- Mais, monsieur, dit Justine, jamais votre frère ne m'a parlé de semblables horreurs.
- Ce ne sont pas ses fantaisies, dit Verneuil ; il a une autre manière de faire le mal ; il s'en tient là. Chacun outrage les lois, la religion et les conventions
sociales à sa guise, et l'on ne doit pas discuter des goûts.
- Eh bien ! monsieur, je vous plains d'en avoir de pareils, et vous proteste en même temps que je ne les servirai jamais.
Malheureuse fille, tu ne savais pas à quel point tes refus enflammaient cet insigne libertin !
Verneuil passe promptement de la luxure à la rage :
- Allons, dit-il, puisque la séduction ne produit rien, il faut au moins que la force me satisfasse ; tourne-moi ce cul qui m'enflamme.
Le vilain le claque, le baise, le mord et ordonne à Justine de chier... La tremblante victime obéit ; au fait de toutes ces paillardises, elle croit apaiser son
persécuteur, en le satisfaisant. Verneuil analyse l'étron, il le respire et l'avale...
- Charmante fille, dit-il en se relevant, vous venez de me faire goûter un plaisir délicieux pour moi ; il en est peu qui me flattent davantage. Je l'avoue, j'aime la
merde à la folie. Mais je me croirais redevable envers vous, si j'avais reçu sans rendre ; ayez donc la bonté de prendre ma place, je vais m'établir à celle que vous quittez ; ce que vous
m'avez donné, Justine, vous le recevrez de moi ; vous mangerez ma merde comme j'ai mangé la vôtre.
- Grand Dieu ! mon cœur se soulève.
- Oh ! foutre, cela m'est bien égal ; résigne-toi sur-le-champ, coquine, ou je te fais tenir par l'homme qui attend près d'ici mes ordres ; et si tu m'y
forces, putain, attends-toi à la plus extrême rigueur.
- Faites ce que vous voudrez, monsieur ; il m'est impossible de me prêter à une telle infamie.
John paraît aussitôt ; il était muni de deux pistolets ; il en remet un à Verneuil ; et tous deux appliquent le bout de l'arme qu'ils ont en main, sur une des
tempes de Justine. La malheureuse, effrayée, se place.
- Contiens l'attitude, dit Verneuil au valet, en se mettant à cheval sur le sein de notre héroïne, et fais-lui ouvrir la bouche avec le canon de ton pistolet : si elle
refuse de bonne grâce : point de pitié pour une fille désobéissante.
Hélas ! tout ne s'arrange que trop suivant les désirs de cet homme infâme. Il tâte avec son cul s'il est perpendiculairement placé sur le visage de Justine ; s'y
voyant d'aplomb, il lâche sa bordée, et remplit la bouche de cette pauvre fille de la plus infecte et de la plus dégoûtante matière.
- Ce n'est pas tout, dit-il en se relevant pour contempler son odieux ouvrage, il faut qu'elle avale.
Justine est menacée de nouveau. Que ne fait pas faire la frayeur ? La malheureuse obéit, mais son estomac se renversant aussitôt, on voit qu'elle va rendre avec usure
ce qu'on vient de la contraindre à prendre. Le croira-t-on ? pourra-t-on se faire une assez juste idée de la passion effrénée de cet impudique, pour comprendre les saletés auxquelles il se
livre ? Verneuil qui, pendant cette dernière opération, n'avait cessé de se faire polluer par John, et de le polluer également, l'infâme Verneuil colle sa bouche sur celle de Justine à
l'instant où il la voit rendre gorge, et reçoit dans ses entrailles le dégoûtant superflu de celles de la victime de sa lubricité.
- Voilà ce qu'il me fallait pour en venir au fait, dit-il à John. Allons, putain, ton derrière ; tu sais que je n'ai pas encore sondé ce beau cul ; je veux le
foutre.
Facilitée par John et par l'état de souffrance dans lequel est Justine, l'entreprise réussit aisément. Quelque prodigieux que soit le membre de Verneuil au moyen de la
violence avec laquelle il s'y prend, et de l'impossibilité où est Justine de se défendre, l'outil disparaît bientôt.
- Bon, je la tiens, dit-il ; viens m'enculer maintenant, mon cher John ; viens me rendre ce que je fais à cette garce.
Les deux opérations s'enclavent, se marient ; mais notre triste aventurière est loin de prévoir le dénouement que lui prépare la férocité de ce monstre. Appuyée sur le
canapé qui la soutenait, tout son corps y pèse avec force : Verneuil, maître d'un ressort, le lâche ; le canapé s'enfonce ; et Justine, entraînée, quitte la cheville par laquelle
elle est fixée, et tombe, à plus de vingt pieds de profondeur, dans un vaste bassin d'eau à la glace, préparé pour la recevoir. Tel est le moment de l'éjaculation de Verneuil ; sa main achève
la besogne.
- Oh foutu bougre de dieu, s'écrie-t-il, elle m'échappe. Et le sperme, dont il aurait arrosé sans cela le cul de la victime, coule à gros bouillons sur les flots où se débat
cette malheureuse. Ordonne qu'on la pêche, dit flegmatiquement Verneuil à John qui venait de lui décharger dans le cul ; va, car la gueuse pourrait bien se noyer, et nous en avons encore
besoin : je l'y laisserais, ma foi, sans cela.
Notre homme revient au salon après ce bel exploit. Gernande, Bressac, d'Esterval, Victor et Dorothée, y rentraient presque en même temps. Chacun se rendit compte avec
intérêt des plaisirs solitaires dont il venait de jouir. Il n'y avait pas eu un seul cabinet où quelques semblables espiègleries n'eussent été mises en exécution ; et, comme tous avaient
également des trappes, chacun de ces scélérats prévenus s'en était servi de même. Mais les embûches étaient différentes. Un des mignons de Bressac, celui qu'il enculait, était tombé dans les
commodités, et l'on ne savait comment faire pour l'en sortir. Dorothée avait précipité la Gernande sur des fagots de ronces. La jolie Cécile, plus jeune et plus ménagée, jetée sur des matelas par
d'Esterval, en avait été quitte pour la peur. Victor avait laissé tomber l'un des gitons qui lui avait été confié, dans les flammes d'esprit-de-vin, ce qui avait fait croire à ce malheureux jeune
homme qu'il allait périr par le feu. Et Gernande, enculant la Verneuil, l'avait laissée couler sur trente bougies allumées qu'elle avait éteint de son corps. Les victimes, baignées, rafraîchies,
reparurent ; et l'on s'occupa d'un plan général.
- Je me sens mieux en train que jamais, dit Verneuil, plus j'avance dans la carrière de la luxure, et mieux je bande. La perte de la semence fatigue... absorbe les hommes
ordinaires ; elle m'irrite, moi, elle me prépare à de nouveaux actes libidineux ; plus je décharge, et plus je suis libertin. Placez-vous tout le long de ce vaste canapé, les genoux sur
le bord ; et exposez-moi vos fesses indistinctement. Filles, garçons, femmes, vieilles, il faut, sacrenom d'un dieu, que tout y passe, excepté ces deux jeunes enfants, poursuit-il en montrant
Rose et Lili ; je les réserve pour une autre occasion.
On s'arrange, en observant d'entremêler les sexes. Bressac est le premier qui fait voir les fesses à son oncle. Marceline venait ensuite ; sitôt qu'elle a reçu son
offrande, elle s'empare d'une poignée de verges, et suit son frère en le flagellant. L'infernal Verneuil ne fait grâce à pas un. Il sodomise les hommes et les vieilles avec la même ardeur que les
filles et les garçons. Il parvient enfin à Gernande, sans avoir couronné son extase ; il encule son frère. « Vieux bougre, lui dit-il, si j'avais à décharger, ce serait bien sûrement dans
ton cul libertin ; car il y a longtemps qu'il me fait bander ; mais de nouveaux plaisirs m'appellent, et je me réserve. »
La chaîne se rompt. « A toi, mon fils, dit Verneuil à Victor ; tiens, vois ta mère et tes sœurs ; ne les vexeras-tu pas un peu ? Imite-moi donc avec
elles ; sodomise-les toutes les trois. » L'immoral enfant, conduit par son père, encule les trois individus désignés, pendant que Verneuil le fout lui-même. Le paillard, égaré de nouveau,
se fait donner des verges ; et tombant sur les trois putains de son fils, il les met en sang toutes trois. Remettant l'arme à son écolier :
- Fouette ta mère, étrille tes sœurs, lui dit-il ; ne les ménage pas, ne crains pas surtout d'outrager la nature. Ce n'est jamais qu'au delà des bornes connues, que la
bougresse a fixé le plaisir ; on ne le saisit bien qu'en dépassant les limites que les sots prétendent qu'elle nous prescrit. Point de voluptés sans crime. Ah ! comme ils travaillaient
pour nos plaisirs, ces législateurs imbéciles qui prétendaient donner des lois à l'homme : s'en foutre, et les toutes enfreindre, mon ami, voilà le seul art de jouir. Connais cet art, et brise
tous les freins.
- Papa, dit le petit fripon en étrillant sa mère de toutes ses forces, tu sais qu'il y a longtemps que je te demande la permission de fouetter maman sur la gorge ;
accorde-moi donc cette faveur, et tu vas voir mon vit comme il écumera.
Une telle effervescence enflamme tout le monde. Bressac baise mille fois un enfant si semblable à lui ; Gernande veut que sa femme se réunisse à madame de Verneuil.
Comme tante, dit ce libertin, elle a, ce me semble, des droits à l'intempérance de ce cher neveu. Les deux victimes sont placées à genoux, le dos appuyé contre le sofa sacré ; et le barbare
enfant, que chacun contemple à plaisir, sans calculer les suites funestes d'un caprice aussi dangereux, frappe indifféremment de ses verges les belles gorges exposées à ses cruautés. Un tel
spectacle échauffe l'assemblée. Bressac encule d'Esterval qui lui-même sodomise un giton ; Gernande suce les vits de John et de Constant, pendant que Marceline le fouette ; et Dorothée,
s'emparant de Justine, lui enfonce son clitoris dans le cul. Cependant madame de Verneuil, sur laquelle la rage de ce petit scélérat semble s'exercer avec le plus de plaisir, s'évanouit sous les
coups qui lui sont portés ; et le monstre, oubliant, profanant la plus sainte loi de la nature, ose arroser de foutre le sein ensanglanté qui lui donna la vie.
Le jour avançait, et les forces commençant à s'épuiser, on imagina, pour les réparer, d'ouvrir encore quelques pâtés, de faire sauter quelques bouteilles de vin de
Champagne, et d'interroger ensuite l'image de Dieu, à dessein de savoir l'art auquel on aurait recours pour retrouver une énergie dont on avait besoin au dénouement.
Les estomacs remplis, et les têtes allumées, Verneuil après avoir fait baiser trois fois son cul à l'Éternel, lui demande par quel procédé il croit qu'on peut reprendre un
peu de vigueur.
- Par des supplices particuliers, répond l'image divine. Que chacun repasse dans ses cabinets, et qu il se serve de l'instrument qu'il y trouvera établi. Vous, Gernande,
emparez-vous de madame de Verneuil ; vous Verneuil, prenez votre fille Cécile ; que d'Esterval prenne madame de Gernande ; Dorothée passera avec Laurette et Marceline ; Victor,
aidé de Constant, s'enfermera avec Justine.
Seulement, obligés de suivre ici notre héroïne, nous ignorons quels furent les supplices où les autres furent condamnés. Nous dirons simplement que notre malheureuse
aventurière trouva, dans le cabinet qui lui était destiné un meuble de torture, en usage parmi les bourreaux d'Italie. Fixée sur le croupion au haut de cette infernale machine, ses quatre membres
étaient attachés en l'air, et son corps pesant sur cette partie chatouilleuse et faible que soutenait le fatal instrument, lui occasionnait, au moyen de ce poids, une douleur si violente, qu'il en
résultait un rire sardonique, extrêmement curieux à examiner. On n'imagine pas le plaisir qu'eut Victor de faire établir là, par celui qui l'aidait, la triste et malheureuse Justine. Le petit
scélérat l'y contint près d'une demi-heure, en se faisant branler par Constant ; puis, courant chercher son père :
- Oh ! mon ami, lui dit-il, j'ignore à quel supplice tu condamnes ta fille Cécile ; mais je te jure qu'il ne peut d'imposer être de plus délicieux que celui que je
viens d imposer à Justine ; viens-y placer ma sœur, je te le demande avec instance.
Verneuil, que rien ne satisfaisait, et qui ne se trouvait pas assez délecté des affreuses douleurs qu'arrachait à Cécile un horrible chevalet sur lequel il l'avait posée, la
détache et la conduit sur la manivelle italienne. « Il faut les foutre au sortir de là, dit Verneuil à son fils. » Tous deux consomment ce dernier crime, se nichent ensemble, l'un au con
de sa fille, l'autre au cul de Justine, et déchargent à la fois, en molestant les charmes de l'une et de l'autre victime... déjà rompues de la séance questionnaire où ces scélérats viennent de les
soumettre.
C'est l'instant de frapper les grands coups. Jusqu'alors les deux enfants de Verneuil et de Laurette sa fille, étaient, pour ainsi dire, restés dans l'inaction. A la
flétrissure des prémices de ces deux beaux enfants, consistaient les grands projets de ces jours de fête. Tout, dans ce délicieux sacrifice, flattait excessivement Verneuil : ces individus
étaient du plus bas âge, et voilà comme il lui fallait des victimes ; ils étaient à la fois ses enfants et ses petits-enfants. Quelle délicieuse recherche pour un homme dont tous les plaisirs
gisaient dans l'inceste ! On les présente donc l'un et l'autre à ses luxurieuses entreprises : Laurette, leur mère, et madame de Verneuil, devaient contenir les holocaustes. Victor était
chargé d'humecter les voies, et de guider le dard de son père dans les routes voluptueuses qu'allaient présenter son frère et sa sœur. En attendant que tout se prépare, Verneuil, pour se ranimer,
jouit des plaisirs passifs de Sodome. John et Constant l'enculent tout à tour ; il veut que Justine lui suce la bouche et lui branle le vit pendant ce temps-là. En peu de minutes notre
complaisante héroïne rend à la vie ce triste invalide de Cythère ; et les deux meilleurs soufflets qu'elle ait reçus de ses jours, deviennent les gages de la reconnaissance qui lui est due.
Parfaitement excité, le drôle s'élance du même bond sur la petite fille de sept ans. Les prémices du cul sont ceux qui s'offrent les premiers. Victor guide, avec une incroyable adresse, le membre
effrayant de son père au trou mignon qu'on lui fait voir ; mais quelles que soient l'adresse de l'un et l'agilité de l'autre, l'attaque paraît impossible. Cependant la victime, parfaitement
contenue, ne peut offrir aucune résistance ; sa défaite devient donc certaine ; elle l'est effectivement ; et le monstre, à force de pommade, disparaît en trois tours de reins dans
l'antre étroit des plaisirs de Gomorrhe. Marceline remplace aussitôt Laurette dans l'emploi de contenir le sujet. Pour mieux exciter son père dans les plaisirs qu'il goûte à jouir de sa fille, elle
lui fait baiser les superbes fesses d'un enfant plus rapproché de lui d'un degré que celle qu'il sodomise. Victor, qui n'a plus besoin là, vient, en enculant son père, placer Verneuil entre les
deux résultats de sa couille. Mais la férocité de cet incestueux, qui ne peut-être une minute sans aliment, exige que Gernande fouette devant lui Marceline, c'est-à-dire, la grand-mère de celle
dont il travaille l'anus ; et Gernande, dont on connaît les goûts sanguinaires, veut, pour faire couler plus tôt le sang, n'employer sur le gros cul de cette femme, qu'un martinet à pointes de
fer.
- Je voudrais bien, dit Verneuil, toujours en foutant, que d'Esterval, pour achever de m'irriter, saisît le cul de ma femme dans la posture où la voilà, et qu'il l'étrillât
d'importance.
- Ne pourrais-je pas, dit Bressac, rendre le même service à Laurette ? son attitude étant semblable, je puis la saisir de même.
- Assurément, répond Verneuil ; mais il faudra donc que Dorothée vienne foutre Victor de son délicieux clitoris.
- Bon, dit John ; et moi, j'enculerai Dorothée.
- En face de vous tous, dit Constant, je vais, si cela plaît, sodomiser Justine.
- Sous les conditions, dit Verneuil, que tu t'environneras de bardaches, qui, par leur attitude, m'offrirons leurs fesses à baiser.
- Bien de plus aisé, dit une des vieilles en disposant tout ; et nous, ajouta-t-elle en parlant de ses trois compagnes, nous allons parcourir les rangs, les verges à la
main, pour vous exciter davantage.
- Non, non, dit Verneuil ; j'aime mieux qu'elles se troussent au-dessus de moi ; je veux que les rides de leurs vieux culs forment, avec les beautés que j'ai sous
les yeux, le contraste le plus agréable à la véritable luxure. Vous chierez, garces, entendez-vous ; vous vesserez, vous péterez, pendant que mon foutre coulera.
Et tout étant ainsi disposé, le coquin, bandant à merveille, veut cueillir du même coup l'une et l'autre fleur. Les cruels projets de cet ours s'accomplissent bientôt ;
et la pauvre petite Rose, flétrie de toutes parts dans un même instant, va porter au sein de sa mère et son déshonneur et ses larmes.
Lili remplace. Toutes les postures varient ; mais la même lubricité les dessine, d'égales infamies les assaisonnent. La crise approche à la fin ; d'étonnants
blasphèmes la préparent. Verneuil décharge comme un taureau, et veut qu'au sortir du cul de son petit-fils, ce soit la bouche de Justine qui purifie son engin merdeux. « Remplace-moi »,
dit-il à Victor, « mon fils, fous mes deux enfants ; je me sens encore la force de t'enculer pendant ce temps-là, pourvu que ma femme gamahuche le trou de mon cul, et que je lèche celui
de ma sœur. » De nouveaux groupes entourent ces derniers écarts de luxure ; et, après quelques instants de calme et de rafraîchissements, on procède au dernier acte de ces délicieuses
orgies.
Oh ! juste ciel ! par quelles horreurs elles vont se terminer.
Un vaste fauteuil à cinq places, construit de manière que ceux qui y sont placés se trouvent dos à dos, est élevé au milieu du salon. Bressac, Gernande, Verneuil, d'Esterval
et Dorothée s'asseyent dans ce siège. Chacun de ces individus place un giton entre ses jambes ; John, Constant et Victor papillonnent autour. Un cercle environne ce large fauteuil, en ne
laissant qu'un pied d'intervalle entre ce siège et lui. Ceux qui forment ce cercle sont mesdames de Verneuil et de Gernande, Justine, Laurette, Marceline, Cécile, Lili, Rose, et les quatre
vieilles, qu'on fait mettre nues ; tous ces malheureux êtres se tiennent par la main. Tel est l'état dans lequel Gernande veut qu'ils soient pour être saignés tous les douze à la fois des deux
bras ; ce qui va former vingt-quatre fontaines, dont les flots rejailliront sur les scélérats placés dans le fauteuil. Les deux tristes épouses veulent se récrier sur l'atrocité de ces
excès ; on rit de leurs remontrances ; et la scène ne s'en prépare pas moins. Verneuil y désire du raffinement.
- Je veux, dit-il, que mon fils Victor saigne lui-même sa mère et ses sœurs.
- De ses jours il n'a touché de lancettes, s'écrie madame de Verneuil.
- Tant mieux, répond méchamment Gernande ; c'est là précisément ce qu'il nous faut.
Le jeune Victor, empressé de concourir à cette scélératesse, assure qu'il s'en tirera tout aussi bien que son oncle. L'opération commence ; M. de Gernande se lève, et
la dirige. Victor débute sous les yeux de son maître, qui, méchamment, lui branle le vit, pendant qu'il opère, afin que la luxure, agitant ses nerfs, le contraigne à trembler et à estropier
quelqu'un. Gernande achève ; les jets partent presque à la fois de tous les bras. Le phlébotomiseur revient se placer ; et voilà nos cinq libertins, couverts de sang, qui s'excitent à ce
spectacle, pendant que leurs gitons les sucent, et que Victor, les verges à la main, parcourt le cercle à revers, pour empêcher, à force de coups, que les victimes ne perdent connaissance. Rien
n'égale l'audace dont cet énergumène frappe indistinctement tous les culs ; frère, mère, sœur, rien n'est épargné par son bras vigoureux. Cependant nos libertins de l'intérieur du cercle sont
absolument inondés de sang, ainsi que les gitons qui les amusent ; John et Constant, dont ils branlent les vits, en sont également couverts ; on ne l'a jamais vu couler avec tant
d'abondance. En ce moment, Cécile chancelle, elle tombe, malgré tous les efforts de ceux qui sont auprès d'elle pour la retenir.
- Ah ! dit Verneuil, qui bandait ferme à ce spectacle, ah ! sacredieu, je gage que ma fille est perdue ; ce petit étourdi l'aura manquée ; le voilà
fratricide, pour son coup d'essai.
- Rien n'est plus certain, dit Gernande.
- Ah ! double foutu dieu, dit le jeune homme, en couvrant de foutre le visage de sa sœur expirante, sacré bougre de Dieu dont je me fous, jamais je n'eus tant de
plaisir.
Ici tous les bras se rebandèrent en hâte. Madame de Verneuil absorbée sur le corps de sa fille, le couvre de larmes et de baisers. On essaie quelques remèdes, et leur
parfaite inutilité les fait abandonner aussitôt. Verneuil, très consolé de cette perte, parce que personne ne tenait moins que lui à un objet... surtout quand il en était rassasié, Verneuil demande
à son fils s'il l'a fait exprès.
- Non vraiment, dit l'insigne coquin ; je vous prie, cher père, d'être bien persuadé que, si j'avais eu une victime à choisir, c'eût été madame votre épouse... Tout le
monde éclate de rire... Et voilà comme on élevait ce jeune scélérat ; voilà comme on l'apprivoisait insensiblement aux plus exécrables forfaits.
- Sacredieu, dit d'Esterval, je suis désolé que cette jolie fille crève si tôt ; j'avais dessein de l'enculer.
- N'es-tu donc pas encore à temps ? dit Bressac.
- Pardieu, tu as raison, dit l'aubergiste ; qu'on me la tienne, et je l'y fais passer.
- C'est moi, mon ami, dit Verneuil, c'est moi qui vous rendrai ce service, en reconnaissance de tous ceux que m'a rendus votre aimable femme. Et, saisissant sa fille
moribonde, il la présente à d'Esterval, qui la sodomise aussitôt. Chacun de ces scélérats veut, dans son genre et suivant ses goûts, se permettre d'égales atrocités ; et l'on n'a pas idée des
exécrations où se livrent ces monstres, jusqu'au dernier moment, avec cette malheureuse petite fille. Jamais les peuples les plus cruels, jamais les plus féroces anthropophages n'atteignirent à ce
degré d'horreur, de cruauté. Elle expire à la fin et les banquettes de la terrasse, dont nous avons précédemment parlé, ensevelissent à jamais le crime épouvantable qui vient de se commettre avec
autant d'audace que de frénésie.
Oh ! quelle passion que la luxure ! Si elle est la plus délicieuse de toutes celles dont la nature nous inspire le goût, on peut bien assurer qu'elle est en même
temps la plus forte et la plus dangereuse.
Excédés de fatigues, on fut à la fin se coucher. Et Verneuil, auquel une nouvelle idée luxurieuse rendait aussitôt toutes ses forces, ainsi que nous l'avons déjà dit, voulut
absolument passer la nuit avec sa fille Laurette, qui, de tout ce qui est là, est celle qui possède le mieux l'art de l'électriser. Chacun s'arrange à peu près de même ; et Justine a l'honneur
de partager la couche de Dorothée, qui ne peut se rassasier d'elle.